L'art thérapie transpersonnelle

On peut accompagner psychologiquement une personne en s'adressant uniquement à son égo ( son moi, sa personnalité). On s'adresse alors aux 3 sphères de l'être : la sphère mentale, la sphère astrale (celle des émotions et des désirs) et à celle du corps physique. On appelle cela du développement personnel.

Il est aussi possible de considérer que l'être humain est avant tout une âme ou un centre d'auto conscience (appelé parfois le "grand Soi") qui possède une connaissance plus ample, un amour plus vaste et une vision plus inclusive du monde. Cette partie de nous-même (notre réalité intrinsèque) aspire à se réaliser par l'intermédiaire de nos corps physique, émotionnel et mental. Il est possible d'accompagner les personnes dans leur croissance et le dépassement de leurs difficultés en prenant en compte l'aspiration de leur âme. Il s'agit alors de psychologie transpersonnelle (au delà de la personnalité). 

La psychologie transpersonnelle peut être définie comme une psychologie de la santé et des potentialités humaines. L'approche transpersonnelle et Humaniste ouvre les portes de la manifestation de la créativité et de l'intuition  

Juste un peu d'histoire ....

Cette approche est issue de la "psychosynthèse" pour laquelle le Dr Roberto Assagioli (1888-1974) a élaboré des principes et techniques. Ce psychiatre et psychothérapeute italien a travaillé à ses débuts avec Freud puis fût l'ami de C.G. Jung et  de A. Maslow. Sa conception globale de l'être Humain l'amena a créer sa propre méthode dès 1910 et il fonda en 1926 à Rome le premier institut de psychosynthèse. 

Assagioli suivant en cela Jung et Binswanger, réintroduisit la philosophie et la dimension du spirituel dans la psychothérapie. Il se référait explicitement à la psychagogie, la pédagogie platonicienne de l'élévation de l'âme vers l'idéal, et tout en acceptant l'existence de l'inconscient, proposait de cultiver des qualités transpersonnelles telles que l'amour, la joie, la beauté. Il plaçait au centre de la psyché, le Sujet, le "Je", distinct des contenus de la conscience et apportant une perspective unificatrice à la psyché tout entière. Assagioli, tout comme Jung, abandonna le concept de libido en faveur du concept plus large d'énergie psychique. Il fit la distinction entre différents plans d'inconscient alors que Freud considérait l'inconscient comme un tout : un plan supérieur ou supra-conscient correspondant aux aspirations créatives, spirituelles et artistiques, un plan moyen qui équivaut au pré-conscient freudien, et un plan inférieur ou infra-conscient qui ne serait autre que l'inconscient freudien.

La désidentification est une notion clé de la psychosynthèse. Assagioli la décrit ainsi : « nous sommes dominés par tout ce à quoi nous nous sommes identifiés. Nous pouvons dominer et contrôler tout ce dont nous nous désidentifions. » (Psychosynthesis, p.22). Effectivement, la désidentification de certaines mémoires archaïques équivaut à un douloureux arrachement mais elle mène aussi vers une prise de conscience d'une réalité plus grande du Soi que constitue l'entièreté de la psyché. Ceci ouvre une nouvelle perspective sur les crises morales ou existentielles, sur l'expérience du deuil et de la perte qu'un individu traverse au cours de la vie. Il ne s'agit alors plus de lutter contre la perte irrémédiable d'une ancienne identité refoulée, mais de s'ouvrir sur une expérience d'une identité ressentie comme étant plus large, le Soi. La perte et la mort sont incluses dans ce processus comme faisant partie de l'expérience humaine.

L'inconscient freudien est marqué par la dualité conflictuelle conscient/inconscient, pulsion de vie/pulsion de mort, ça/surmoi. L'inconscient de la psychosynthèse prend en compte l'existence des polarités comme une phase nécessaire ouvrant vers une synthèse nouvelle, inconnue au départ et dépassant l'opposition entre les polarités.

A côté du pas de deux freudien, Assagioli lance une danse à trois temps : prise de conscience d'identifications inconscientes, désidentification, puis nouvelle prise de conscience d'un autre « Je » reflétant un Soi transpersonnel. La phase de synthèse est un tiers inclus dans cette dynamique alors qu'une logique binaire exclut la synthèse.

Selon la Psychosynthèse, le chemin de la guérison du patient est celui du retour vers son humanité, c'est-à-dire le réveil du désir de vivre, d'échanger avec les autres et avec le monde.

Le thérapeute utilisera une palette de techniques ajustées aux besoins du patient : techniques d'acceptation, techniques cathartiques, éducation des fonctions psychiques, techniques corporelles, développement de la volonté, évocation du supra-conscient, évocation des sentiments esthétiques et de la dimension poétique du Soi.


Bibliographie :

-La Psychosynthèse (P. Ferrucci, éd.Retz) en vente au Centre Source
-Le développement transpersonnel (Assagioli, éd. Desclée de Brouwer).
-Psychosynthesis (Assagioli, Viking Press)
-Psychosynthèse, principes et techniques (Assagioli, éd. Desclée de Brouwer).